par Marie-Eve Bournival-Paré janvier 22, 2018 4 min. de lecture

Holbox, Mexico.
Mai 2016.

La chaleur est étouffante, le ciel est clair et le soleil brûle la peau. Avec mon copain, on vient d'arriver à l'auberge de jeunesse et on gravit les marches à toute vitesse, fuyant la chaleur mexicaine vers notre chambre. Je jette mon backpack de 50 litres sur le plancher et je m'écrase sur le lit.

Nous avons passé déjà plusieurs nuits à tenter de dormir en camping dans la chaleur suffocante. Le sommeil n'était pas très réparateur et les levers, le matin, des moins agréables avec les cris agressants de certains oiseaux. C'en est assez, on a vraiment besoin d'une bonne nuit de sommeil ce coup-ci : on troque la tente pour une chambre en auberge ce soir! On ouvre le ventilateur, et comme notre voyage de 10 mois se termine dans quelques jours seulement, on pense au retour.

Une nuit sur le bord de la plage, tout près de Tulum au Mexique.

Un voyage qui tire à sa fin

Je fais le bilan dans ma tête.

Je ferme les yeux et j'imagine ma chambre dans la maison familiale au Québec. Je l'imagine dans l'état dans lequel je l'ai laissée 10 mois plus tôt lors de mon départ. En ordre. Propre. C'est bien moi, je déteste retourner dans mes affaires lorsqu'elles sont toutes à l'envers alors, je l'ai laissée dans l'état dans lequel je voulais la retrouver. La seule chose, c'est que je ne pensais pas que ma vision des choses allait tant changer. Ma nouvelle réalité, c'est que ce n'est plus dans cet état que je veux la retrouver.

 

La peur du manque

Avant mon départ, 10 mois plus tôt, j'avais déjà accumulé plein de matériel en vue de mon départ de la maison familiale. Bien que ma chambre soit grande, elle est pleine à craquer. Je suis devenue une vraie «tétris master», ou une adepte de «l'art de faire entrer le plus de matériel possible dans un espace restreint 101». J'avais accumulé tout ce matériel par peur de manquer de quelque chose lors de mon départ de la maison. J'avais peur de manquer d'argent, de ne pas pouvoir me procurer ce que toute bonne maison/condo d'une jeune femme qui réussit sa vie d'adulte se *doit* d'avoir. Je pensais avoir besoin de toutes ces choses que j'accumulais.

S'acheter une Dodge Caravan en Californie pour se laisser porter par la vie de caravaning.


Bien vivre avec moins

Le ventilateur rend graduellement la température de la chambre plus vivable. Enfin. J'ouvre les yeux, et je vois mon sac-à-dos sur le sol, et ça me fait rire en dedans. Toute ma vie est dans ce sac. En dix mois, je n'ai jamais manqué de rien. ABSOLUMENT DE RIEN. Moi qui accumulais les possessions à la maison par peur de manquer, je réalise que je ne manque de rien.

 

Vie de voyage, vie de minimaliste

Dans les derniers 10 mois, j'ai fait ma lessive dans des seaux en plastique dans lesquels je ramassais des raisins dans le vignoble où j'ai travaillé en Colombie Britannique. Avec mon copain, j'ai vécu avec comme maison une tente et un trailer pendant 2 mois, puis une Dodge Caravan pendant 2 mois. Nous avons vécu à deux dans un minuscule dortoir, à Jasper. Je me suis lavée dans une rivière tout l'été. J'ai descendu au creux du Grand Canyon avec mon backpack. J'ai cuisiné avec seulement un couteau, une cuillère et une fourchette, une bouilloire et deux petites casseroles format voyage.

Bref, en 10 mois, je suis sortie de ma zone de confort et surtout, je l'ai fait en ayant le minimum de possessions matérielles et en vivant simplement. Je l'ai fait en n’ayant que l'essentiel. Et cet essentiel rentrait dans mon backpack de 50 litres. Je suis une fille qui aime bien son confort (oui, oui, je le jure!), mais ce voyage m'a appris que le confort était une chose bien relative et subjective.

 
Notre minuscule dortoir à Jasper, en Alberta.

 

Bilan d'une aventure backpack

Alors je suis couchée sur mon lit d'auberge à Holbox au Mexique, et avec mon copain, on rêve de tout ce qu'on va faire en rentrant à la maison au Québec. De mon côté, j'ai vraiment hâte de surprendre ma famille par un retour surprise. C'est fou parce que pendant que je pense à tout cela, je ne peux m’arrêter d'imaginer tout le matériel que contient ma chambre et qui m'attend patiemment. L'idée de tout ce matériel m'étouffe, et j'obsède.

 

Retour à l’essentiel

Devinez-quoi, le lendemain matin de mon retour, je me suis mise au ménage et à l'épuration! J'ai fait le tri dans mes vêtements, ma paperasse, mes décorations, mes  vieilleries, mes bébelles et les doublons. Tout y a passé. Me libérer du superflu m'a fait du bien, et à laissé place à ce qui compte pour moi.

L'aventure minimaliste continue!

Quelques jours à se reposer dans la forêt Kaibab, en Arizona, à côté du Grand Canyon.

Marie-Eve Bournival-Paré

Allô! Je suis la designer et fondatrice de Clothes & Roads. J’adore le thé, les plantes succulentes, le yoga, le chocolat et les bébés animaux. Entre le design de nouveaux items pour ma boutique en ligne, la gestion de la production, des réseaux sociaux et les finances de l’entreprise, j’aime partager sur le blogue des sujets divers comme la mode lente, le voyage, le zéro déchet, les produits locaux, le minimalisme et le vanlife! 🚐

1 Réponse

Lucie Bournival
Lucie Bournival

janvier 23, 2018

Le virage minimaliste te va bien et alimente mes réflexions. J’adore te lire et revivre tes aventures! … et oui quelle surprise que celle de votre retour, c’est l’un des beaux moment que j’aime me remémorer!

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